Only One - Clayton : Chapitre 3

09/12/2013 10:43

 

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Le son d’une alarme. Des cris. Une porte qui claque.

Une voix de femme qui hurle. Un homme qui lui répond.

Une pression sur mon visage. Puis des mots.

-            Je croyais que votre Sérum allait le guérir ! crie la femme.

J’aimerais ouvrir les yeux pour voir ce qui se passe mais je n’y arrive pas. Je ne peux pas. Mes paupières refusent de s’ouvrir. La panique me submerge. Mais que se passe-t-il ?

-            Il n’était pas censé réagi comme ça ! répond la voix de l’infirmier.

-            Alors pourquoi ne se réveille-t-il pas, bon sang ?

La question de la femme fait écho à la mienne. A la différence que moi, je suis sais que je suis éveillé. Est-ce donc ça le coma ? Cette frustration de ne pas pouvoir faire comprendre aux gens extérieurs que vous êtes réveillez à l’intérieur de votre tête ? Que malgré les apparences vous n’êtes pas si mal que ça ?

Je tente de lever mon bras mais celui-ci ne répond pas. Pareil pour mes jambes et ma tête. Paralysé.

Je hurle dans ma tête, frustré et complètement détruit. Pourquoi cela n’arrive qu’à moi ? Le destin s’acharne sur moi depuis trop longtemps ! On m’a prit mes deux sœurs, mon père est mort et moi… moi je n’ai plus que deux alternatives : guérir ou mourir.

Mes pensées se mêlent et se perdent dans mon crâne trop étroit. Je n’arrive pas à réfléchir. Dans le coma… Seule cette idée est claire. Mais irrationnelle. Pourquoi serais-je dans le coma ? Le Sérum n’a jamais eu d’effets néfastes. La seule solution pour le moins normale serait de dire que le produit que l’infirmier m’a injecté n’était pas le Sérum. Mais là encore, pourquoi un infirmier voudrait me tuer ? Cela n’a ni queue ni tête bon sang !

Je perçois des mouvements autour de moi. Puis la porte s’ouvre à la volée en claquant contre le mur. Des pleurs parviennent à mes oreilles et je reconnais la petite voie étouffée de Lorelei que la femme essaye de cacher en parlant soudainement beaucoup plus fort. Mais trop tard, j’ai entendu sa petite voie de cristal et mon cœur se brise en deux. La douleur est presque physique. Toutes mes promesses… envolées…

-          Je veux le voir ! crie la petite fille.

-          Sortez ! répond la femme.

-          Je veux…

Sa voix est étouffée, comme si on lui avait mis la main sur la bouche. Puis la porte se referme et j’en déduis que la femme est sorti avec ma petite princesse.

Une boule se forme dans ma gorge. J’ai peur. Que vont-il me faire à présent ? Suis-je déjà mort pour eux ou essayeront-t-ils de me sortir de là ? La solution la plus avisée serait de m’achever. Mais cette idée ne me plait pas du tout. Je veux vivre pour mourir en ayant fait quelque chose de ma vie. Sauver Alisen et Lorelei. Leur accorder plus de temps de vie. Et peut-être pour l’une d’elle, la victoire. Moi je ne m’autorise pas à l’envisager. Et encore moins dans l’état actuel.

Ma vie n’est pas brillante mais c’est dans ces moments-ci que je me rends compte que j’ai échappé à bien pire.

-            2/01, murmure l’infirmier à mon oreille. Je ne sais pas si tu m’entends mais si c’est le cas je veux te prévenir que tu vas souffrir. Je ne comprends pas ce qui se passe mais ce que je t’ai injecté hier n’était sûrement pas le Sérum. Tient bon, petit ! Je vais te refaire une injection. J’ai vérifié le produit ne t’en fais pas. Le coma n’est pas irréversible petit. Plus aujourd’hui. Mais il est douloureux d’en sortir.

L’attention que me porte l’infirmier me va droit au cœur mais ce qui me frappe le plus est la dernière partie de ce qu’il a dit. Le coma peut donc être annulé !

Je sens une douleur aiguë dans le creux de mon bras. Le Sérum coule dans mes veines. Il fait des ravages. La douleur est encore plus forte qu’hier mais mon corps refuse de bouger. Je crie intérieurement, tellement fort que je n’entends pas ce que me dit l’infirmier. Le produit se fraye un chemin dans tous les recoins de mon corps. Mon nez se met à brûler et mes côtes se joignent au concert. La première injection ne les avaient pas guérit. Juste endormis. Puis elle m’avait fait sombrer. Mais le Sérum est bien plus fort que tout ce à quoi je m’étais préparé.

Je me sens glissé vers les ombres et, sans aucune honte, je les laisse m’emporter loin de ce monde de souffrance…

 

-          Il va ouvrir les yeux !

-          Chut, tu vas lui faire peur !

-          Mais il va ouvrir les yeux !

-          Oui, je sais !

Les voix à mes oreilles me sont familières. Je tourne la tête vers la plus aiguë et je tombe nez à nez avec la bouille souriante de Lorelei.

Le choc me fait faire un bond.

-            Clayton ! s’exclame la petite en sautant sur mon lit.

-            Ce n’est pas raisonnable, jeune fille, la rouspète l’infirmier  avec un grand sourire cependant.

Lo s’avance à quatre-pattes vers moi et s’assied à califourchon sur mon ventre. Je m’attends à souffrir mais je ne ressens rien d’autre que le poids de ma princesse.

Je soulève mon t-shirt en l’extirpant de sous Lo et tâte mes côtes. Plus rien. Je suis guéri. Mon nez pareil. Et je ne suis plus dans les vapes.

Je regarde Lo avec émerveillement et son air extatique me fait éclater de rire.

L’infirmier est debout, un peu à l’écart, mais son sourire me fait chaud au cœur. Il ne m’a pas abandonné. Ils ne m’ont pas abandonné.

-          Tu es fort, garçon, dit le montagnard.

-            Non, je réponds. Mes motivations les sont. Moi, non. Je suis faible.

-            Sert-toi de tes motivations alors.

Je souris à ce gros bonhomme et repousse gentiment Lorelei qui s’est accrochée à mon t-shirt. La petite descend et rejoint l’infirmier.

Je me redresse et me mets debout sans mal. Les seules traces de mon mal sont le mal de tête supportable et les oreilles qui bourdonnent. Je m’en sorts pas trop mal.

Mes yeux se posent sur mon petit bout de femme et je reviens à la réalité. Mon sens des priorités refait surface et c’est avec une voix plus dure que je m’adresse à l’infirmier.

-          Je veux m’entraîner.

-            Il te reste trois heures. Il est déjà quatre heures de l’après midi, mon garçon.

-            Ça me fait tout de même trois heures, dis-je déterminé.

L’infirmier acquiesce et m’encourage d’un pouce levé en l’air. Lorelei court vers moi et me prend la main.

-            Merci, dis-je à l’infirmier avant de quitter la salle.

-          Pour quoi ?

-            Pour tout. De m’avoir aidé en général. Sans vous je n’en serais pas là.

-          Je ne fais que mon boulot, mon garçon.

-          Merci.

Lo et moi quittons l’infirmerie. Sur le chemin de la salle d’entraînement, Lo ne me quitte pas du regard, comme si elle avait peur que je ne me ré-évanouisse. Je lui souris et ensemble nous entrons dans le gymnase. Il est quatre dix. Il me reste moins de trois heures pour prouver à Michael et Steve que j’ai plus de déterminations qu’eux.

Mais quand la porte se referme derrière nous personne ne travaille. Ils sont tous debout au milieu de la pièce, en cercle. Leurs visages sont tournés vers le centre de la ronde. Personne ne nous a entendus arriver.

Mes jambes devancent mon esprit et s’avancent d’elles-mêmes vers le groupe. Steve est en face de moi et son regard ne quitte pas le centre. Quand il lève la tête et que ses yeux croisent les miens, j’ai l’impression que la seule chose qui le retient de me tuer est les deux coachs entre nous. Je pousse l’entraîneur de réflexion et j’ai du mal à comprendre ce que je vois.

Etendu sur le sol, les membres et la nuque tordus d’une façon peu naturelle, Michael fixe le plafond, raide mort.

 

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